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3 semaines en Workaway au Clos Santa Ana

En venant au Chili, Pierre voulait absolument découvrir la façon de travailler des caves et domaines viticoles locaux.
Ce troisième Workaway nous a plongé au coeur de la vallée de Colchagua et dans le savoir faire traditionnel.

Note : Dans cet article, je vais tenter de décrire l’atmosphère si particulière de Santa Ana, cette jolie bulle où nous avons vécu, coupés du monde mais heureux avec des gens au grand coeur.

Le clos Santa Ana se situe à 35 kilomètres de Santa Cruz, en plein sur la fameuse route des vins chilienne.
Le domaine appartient à Luiz et Roberto, un italien et un chilien.
Roberto est ambassadeur du Chili au Pérou, il est évidemment très pris par son travail et nous n’avons pas eu le plaisir de le rencontrer. Luiz est issu de la bourgeoisie italienne, il a énormément voyagé et parle cinq langues. C’est un personnage haut en couleurs, extrêmement généreux mais qui adore taquiner ses amis en faisant preuve de beaucoup d’ironie. Tout est à prendre au 100ème degré avec lui ! Il vit sa retraite dans le domaine, entouré de ses vignes, ses livres et ses animaux. En effet, le domaine ne se limite pas au vin, c’est aussi une mini ferme avec des paons, des poules, des moutons, une chèvre, des chats, des chevaux, des ânes et des oies. Luiz recueille aussi des chiens errants qui sont répartis entre plusieurs chenils et l’ensemble de la maison. Le domaine comprend également un musée et des salles de réception où ont lieu toutes les semaines des soirées, des mariages, des repas ou des séminaires. 

Nous sommes arrivés le 30 avril dans l’après-midi et nous avons directement été accueillis par Alessio, un jeune sommelier italien, toujours à 1000 à l’heure et plein de bonne humeur. A Santa Ana, c’est lui qui s’occupe de la partie commerciale, des événements et des Workaway.
Après une visite du lieu, nous rencontrons nos collègues et colocataires pour les trois prochaines semaines. 
En effet, nous quittons notre van adoré pour une petite maison que nous partageons avec deux autres garçons : Luca, un chimiste italien reconverti dans l’oenologie et Gabriel, un français passionné de cuisine et de vin, bien entendu. Nous avons une chambre double pour nous et nous partageons une petite cuisine (dont on ne se servira jamais), un salon et la salle de bains. Nous passons la première soirée avec tout le monde et le ton est vite donné : ici on cuisine végétarien et tout se fait maison, même le beurre et le pain ! On a les papilles en éveil et quand nous dégustons les pizzas qui sortent du four, on se dit qu’on va passer trois semaines à manger comme des rois ! Luis et Alessio sortent plusieurs bouteilles de vin et on fait vite connaissance dans la bonne humeur. 

La petite maison des Workawayers sur la partie droite, jusqu’à la première fenêtre rouge

Nos missions variaient d’un jour à l’autre mais nous avions tout de même adopté une petite routine. Vers 7H30, le réveil sonnait et nous rejoignions à 8h tout le monde dans la cuisine principale. Le petit déjeuner était en général déjà servi. Au menu : thé ou café, pain maison toasté, confitures, miel, fromage frais, tomates, avocats et fruits. 

La préparation du pain : un rituel auquel on adorait assister

Une fois tout le monde rassasié, je m’occupais de débarrasser et faire la vaisselle pendant que les garçons filaient à la cave pour démarrer leur journée.
Leurs missions quotidiennes étaient d’allumer le feu, relever les densités et températures des cuves et piger les amphores (mouiller le chapeau).

Nous sommes arrivés en plein pour la période de décuvage et pressage
La bodega est petite, le domaine n’a qu’un hectare et demi de vignes où sont produit quatre types de vins nature différents : trois rouges, un blanc et une petite quantité de mousseux.
Tout est fait de manière traditionnelle, à la main, sans aucun sulfite et avec des levures indigènes (levures déjà présentes sur les raisins).
Le vin est vinifié dans des amphores de tailles différentes mais aussi dans un foudre (sorte de grosse barrique) auquel on a retiré le couvercle.
Trois fois par semaine, José Miguel l’oenologue du domaine venait vérifier et goûter les vins. Une fois la fermentation terminée, le vin est aspiré manuellement avec un tuyau et transféré dans des seaux puis dans les barriques. Venait enfin l’étape du pressage du raisin avec une presse manuelle. Cela pouvait donc prendre une après midi entière juste pour une amphore !
Le jus extrait par le pressoir est ensuite intégré aux tonneaux où il vieillira quelques mois.

De mon côté, ma première mission a été du toilettage canin ! Je me suis occupée de laver et couper les nombreuses dreadlocks de trois des 40 chiens de la maison. C’est là que j’ai rencontré Rinaldo, petit bichon blanc qui ressemblait plus à une serpillière qu’à un chien. J’ai passé plus de trois heures sur lui et il n’a pas bougé d’un pouce, permettant à la novice que j’étais de se faire la main. Après son toilettage il ne m’a plus quitté et c’est devenu mon chien favori (on a chacun le notre, c’est inévitable à Santa Ana). 

Mis à part un coup de main au ménage et avec les chiens, j’aidais aussi à la préparation des salles de réception pour les événements, au nettoyage de la cave et à l’étiquetage des bouteilles qui lui aussi se faisait à la main avec pinceaux, colle et cire. Nous allions également plusieurs fois par semaine chercher du bois pour alimenter les nombreuses cheminées et fours à bois du domaine.

Lors des événements, nous aidions tous en cuisine en fonction de nos capacités. En général Luis, Alessio et Gabriel étaient les chefs et Luca, Pierre et moi servions de commis, de serveurs et de plongeurs. Ainsi, nous avons pu assister à un repas de mariage, un anniversaire et même au tournage d’un documentaire sur le domaine qui s’est fini par une grosse fiesta et beaucoup de bouteilles ouvertes par rapport au nombre d’images filmées. 

Le dimanche matin, Pierre et moi nous étions portés volontaires pour nourrir les animaux et nettoyer les chenils. Normalement, un employé à temps plein s’en occupait et le dimanche était son seul jour de repos. Nous passions donc deux heures en compagnie des chiens et autres boules de poils (ou de plumes). C’était, personnellement, mes moments préférés. 

Le rythme du Workaway (5h/jour, 5 jours/semaine) était plus ou moins respecté mais Santa Ana est une sorte de bulle où l’on ne voit pas le temps passer. Si nous le voulions, nous pouvions prendre une journée pour nous et partir avec le van mais il y avait toujours du monde, des choses à faire, une partie de scopa à gagner, de délicieux repas et des bouteilles à partager ou des grandes conversations dans la bibliothèque à ne pas manquer. 

Nous retenons beaucoup de positif de cette expérience. Nous avons rencontré des gens formidables et généreux, rempli nos estomacs et nos mémoires de souvenirs impérissables, beaucoup ri et surtout partagé des moments de vie qui resteront gravés. 
Les seuls points négatifs sont liés à un peu trop de bon vin et nous n’en avons jamais été la cible. Nous n’en faisons pas cas, cela fait partie du folklore Santa Ana ! 

Nous tenons à sincèrement remercier une fois encore Luiz et Alessio pour leur accueil, leur gentillesse et leur générosité, nos collègues Luca et Gabriel pour leur bonne humeur quotidienne, Natalie et José pour leur compagnie et toutes les personnes rencontrées avec qui nous avons échangé ou qui ont proposé de nous aider pour la suite du voyage : Marcela et son mari, Julieta, Tobias, Amparo, Ale, Erwan … Merci !
Et bien sur une pensée pour Rinaldo, Pétunia, Benja, Hannibal, Bianca, Magda, Corazón, Maxi et tous leurs potes à quatre pattes qui ont mis du soleil dans chacune de nos journées. 


Que faire aux alentours ?
Pichilemu, capitale mondiale du surf


Si vous êtes amateurs de vins, des dizaines de bodegas sont dans le secteur et vous pourrez surement déguster leurs produits gratuitement ou moyennant quelques pesos. 

Nous vous recommandons également de visiter Pichilemu, où nous avons passé une semaine juste avant d’arriver à Santa Ana. Pichilemu est la capitale du surf et de nombreuses écoles proposent des cours. Ne manquez pas d’aller faire un tour à Punta de Lobos surtout au coucher de soleil. De nombreux surfeurs s’y exercent tous les jours et le point de vue est incroyable.

Punta de Lobos

Nos bonnes adresses à Pichilemu : 

  • La Casa Verde pour ses copieux sandwichs et sa jolie vue sur l’océan
  • El Pulpo pour ses grandes pizzas à personnaliser à volonté et son large choix de bières. 

6 commentaires

  • Guillotin Hélène

    Bonjour,
    Encore une fois, un super article ! Le style est très plaisant et l’on se laisse embarquer dans ce voyage virtuel. L’illustration du récit est bien à propos et la beauté des photos nous fait rêver. Merci Julie de partager ces instants magiques.

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