Chili,  Partir à l'aventure

J’ai (dé)testé pour vous le Mal Aigu des Montagnes – Salar de Pedernales, Chili

Il faut qu’on vous raconte notre épopée pour rejoindre le salar de Pedernales, le gros fail que cela a été et ma première expérience du mal aigu des montagnes. J’ai fait toutes les erreurs possibles cette fois là, ce qui m’a valu deux journées entières de calvaire.
Le positif dans tout cela c’est qu’en lisant cet article et en faisant tout l’inverse de ce que j’ai fait, vous devriez vous en sortir beaucoup mieux ! 

L’histoire commence avec notre ami Alvaro qui nous avait recommandé, à notre arrivée dans la IIIeme région du Chili, la visite du salar de Pedernales. Les photos qu’il voyait sur les comptes Instagram d’influenceurs locaux étaient incroyables et nous ont vite convaincu. 

Ce qu’on a cherché à voir toute la journée – Google Images

Le salar se situait à l’est de Copiapo, vers la cordillère des Andes.
Le dernier village avec âme qui vive, El Salvador, était à 100 km. Nous nous y arrêtons d’ailleurs pour refaire le plein d’essence avant de nous enfoncer dans la pampa. À la station service, nous vérifions que les numéros de route que nous avons sont les bons. Ca commence bien : le pompiste n’a aucune idée de l’existence du salar. Il m’envoie questionner les chauffeurs de bus, eux voient de quoi je parle mais ne connaissent pas l’accès précis. Finalement, un autre client (appelons le Roberto) arrive à la pompe et par chance, il a les infos ! Le salar est au bout de la route C173 mais il nous met en garde : la route est mauvaise et dangereuse. Selon lui, notre van passe mais les 4×4 sont fortement recommandés dans la zone. 
Bon, on verra bien ce qu’il nous attend ! En route !

Les indications de Roberto sont précieuses et il ne nous avait pas menti : les routes sont aussi mauvaises qu’on peut l’imaginer : trous, vaguelettes qui transforment la route en une vraie plaie et absence de glissière de sécurité. Vue imprenable sur le profond ravin garantie ! 

La route monte, monte, monte et rapidement nous nous retrouvons à 3700m d’altitude, notre record. Le hic c’est que nous sommes partis le matin même, à moins de 1000m, ce qui est très mauvais pour l’acclimatation. 

Ce qu’on aura finalement fini par voir du Salar de Pedernales

Nous arrivons finalement au salar et à part quelques guanacos, il n’y a personne. Nous commençons alors la longue recherche de ces fameux trous d’eau turquoise. Tous les chemins sont mauvais, pleins de sable et de sel, deux sérieux ennemis pour notre van. Pierre assure malgré quelques sueurs froides mais au bout d’une heure : rien.
Nous voyons alors trois pick ups arriver vers nous, victoire ! des humains. On leur demande des précisions sur la route à emprunter, ils nous en indiquent une qui mène à … toujours plus de sable et de sel. Nous sommes épuisés et je commence à avoir mal à la tête. Bon, il reste un chemin mais uniquement réservé aux 4×4. Nous l’empruntons mais rapidement, la route devient très mauvaise et la nuit commence à tomber ce qui s’avère dangereux avec les possibles marécages et les bancs de sable.
Nous décidons donc de faire demi-tour, au coucher du soleil. 

Nos compagnons de route, qui sont vite partis en entendant le van arriver

Et c’est là que commence mon calvaire. Comme dit précédemment, nous sommes montés beaucoup trop vite, sans faire d’étape d’acclimatation ce qui a été la première grosse erreur. Mais après notre échec, nous sommes redescendus à 2200m aussi vite que ce qu’on est montés. Si j’ai pu bénéficier là haut de quelques heures « de grâce » comme on les appelle, en redescendant rapidement de 1500m j’ai ressenti d’un coup tous les effets du MAM: mal de tête, vertiges, nausées et pertes d’équilibre
J’ai alors commis 2 grosses erreurs d’un coup : j’ai arrêté de boire et manger pour ne pas vomir. 

NE FAITES PAS ÇA ! Buvez au maximum, de l’eau bien sur mais aussi, si vous en avez, des infusions de coca. La coca s’achète en feuilles ou en sachet de thé et elle fait des miracles pour l’altitude. Evitez de fumer, le café, le thé et l’alcool, mangez en petites quantités mais régulièrement. Si cela ne va toujours pas, redescendez doucement d’au minimum 500m. 

J’ai donc passé deux jours, enfermée dans le van avec l’impression d’avoir été totalement ivre et de sortir d’une cuite de l’extrême. Je ne pouvais pas marcher sans vaciller et avoir la tête qui tourne (et le plafond du van aussi !). Pour couronner le tout, je me suis bloquée un nerf dans le genou en me couchant. On est sur une vraie semaine victorieuse !
Après avoir beaucoup dormi et recommencer à boire et manger correctement, nous nous sommes enfin mis en route vers la mer (j’en rêvais !) et le mal des montagnes est parti, m’ayant donné une sacrée leçon. 

Je précise que les effets du mal des montagnes sont extrêmement variables d’une personne à l’autre. Pierre n’a absolument rien ressenti et s’est porté comme un charme pendant ces deux jours. 

Guanacos

Les conseils que j’applique désormais sont donc les suivants  :

  • Monter par palier de 1000m maximum
  • Boire beaucoup d’eau et des infusions de coca. J’ai également des gouttes achetées en pharmacie (on est jamais trop prudents !)
  • Avoir en permanence des snacks en cas de coup de mou, manger régulièrement des petites quantités
  • Ne pas boire d’alcool ou de café, évitez de fumer 
  • Ne pas faire d’efforts trop brusques avant d’être acclimaté (rien de pire pour le souffle !)
  • Prendre autant de repos que nécessaire 
  • Redescendre immédiatement quand cela ne va pas, 500m minimum

Le saviez-vous ?

Les causes du MAM : en altitude, l’oxygène se fait plus rare. L’organisme réagit alors rapidement pour pallier à ce manque et on constate une augmentation de la ventilation et de la fréquence cardiaque pour mieux capter l’oxygène. Attention au MAM : il peut dégénérer en oedème cérébral ou pulmonaire. Ne négligez pas les symptômes !

Et encore plus de guanacos pour vous donner du courage si vous lisez cet article alors que le MAM s’est emparé de vous !

4 commentaires

  • HERENGUEL

    Waaah
    Cette fois l’escapade ne fait pas rêver ! Mais elle a le mérite de mettre en garde. Vous êtes sérieux, vous partez toujours à l’aventure après vous être préparés … comme quoi le chemin réserve parfois de bonnes comme d’horribles choses. Celle-ci aurait pu mal tourner mais heureusement tu vas bien !
    La photo faisait rêver ! Météo spéciale, filtres… mythe… peu importe. Parfois la vie vous rappelle ce qu’il y a de plus important dans la vie : la santé.
    Alors poursuivez votre route et portez-vous bien !

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